La Serre Che

Cette année une de nos deux sorties annuelles nous emmenait dans les alpes pour affronter des reliefs que nous ne côtoyons pas souvent. Nous avons à cette occasion inventé une nouvelle sorte de triathlon sur 2 jours qu’il faudra peut être faire breveter un jour. Mais commençons par le commencement.

Vendredi 2 juillet : le rendez vous sur le parking Renault était fixé à 21h45 pour un départ à 22h00. En effet cette année nous partions le soir pour rouler de nuit et arriver le samedi matin. Par ce week end de grand départ le choix était judicieux. Vu le nombre de partants (14 au départ de Cléon) trois véhicules (2 prêts Renault et fonderie et la voiture personnelle de Jean Claude Coufourier) et deux remorques dont une prêtée par les parents de Cyril Bat étaient nécessaires pour rallier Briançon. Un vrai convoi. Le voyage se déroulera sans problème et la route passera assez vite, surtout pour certains qui commenceront leur nuit à Tourville (n’est ce pas Stéphane).

Samedi 3 juillet : 7h30 nous arrivons à Serre Chevalier par une température un peu frisquète mais sous un beau soleil. Nous faisons un passage à l’appartement d’ Alain Leroy qui abritera une partie de notre contingent. Nous prenons ensuite la route vers l’Argentière la Bessée ou se trouve la maison des parents de Cyril Bat qui hébergera l’autre partie de l’équipe. Eh oui cette année nous avons abandonné tentes et mobil homes pour un hébergement de luxe ! Qui sait la prochaine fois ce sera peut être l’hôtel !
Notre premier souci en arrivant est déjà de prendre un bon petit déjeuner. La nuit a quand même été longue et un bon café nous fait tous grand bien. Nous pouvons déjà profiter du panorama magnifique que nous avons du balcon de chez Cyril. Les conditions sont idéales et le week end s’annonce bien.
La répartition dans les deux gîtes se fait naturellement. Chez Alain nous aurons Jacky et Patrick Colin, Giovanni, Alain Moreau, Patrick Masse et Hugues (désigné d’office comme chauffeur pour son sérieux lors des soirées !!). Le reste se réparti chez Cyril. une partie de l’équipe part pour les premières courses pendant que le reste s’installe chez Cyril et récupère de la nuit. Un passage à Serre Chevalier chez Alain pour déposer les affaires de ceux qui logerons là, et nous allons déjà chercher une partie des dossards, la ligne de départ se trouvant tout à coté. Nous héritons à cette occasion d’un magnifique maillot rose qui sera du plus bel effet dans les pelotons ! L’Italie n’étant pas très loin nous poussons jusque là pour un ravitaillement, disons « liquide ». La matinée passera très vite et il sera déjà 13h30 au retour chez Cyril.
Le repas du midi à base de nouilles évidemment se fait comme tous les autres tout au long du séjour chez Cyril.
Dans l’après midi chacun trouve une occupation à sa convenance. Il y aura les adeptes d’une petite sieste, d’autres iront chercher leur dossard. Michel Vatinel, Richard et leurs épouses déjà en vacances sur place font une visite chez Cyril et tombent dans le château de la Belle au bois dormant. Ils se consoleront en visitant les environs.
Vers 17h00 le virus cyclopèdique reprend ses droits et tout le monde se met en tenue pour un petit décrassage. Nous prenons la direction de la cote de Champcella, première difficulté du lendemain, histoire soit de se rassurer soit de se faire peur ! Après quelques kilomètres nous arrivons au pied de la fameuse cote qui, effectivement, est un fameux raidard. Et dire que ce ne sera qu’un petit apéritif demain ! Certains vont jusqu’en haut, d’autres se réservent pour le lendemain, mais tous ceux qui ne sont jamais venus ici sont impressionnés. Le retour chez Cyril se fait tranquillement.
Après une bonne douche et un petit apéritif pour les moins sérieux (et il y en a quelques uns chez nous, j’ai les noms !), nous dégustons les spaghettis au thon que Dominique Rola a préparé avec amour. Le ventre bien calé nous nous séparons vers 22h30 pour une bonne nuit avant le grand jour.

Dimanche 4 juillet : l’heure du réveil dépend du lieu d’hébergement : chez Cyril se sera 5h00 car il faut 30 mn pour rejoindre la ligne de départ, chez Alain ce sera 5h45. Après un bon petit déjeuner pour tout le monde nous nous rejoignons vers 6h30 devant chez Alain. La température est plutôt fraîche puisqu’il ne fait que 4°. Chacun hésite sur la tenue à revêtir car les premiers kilomètres vont être glaciales. Par contre la température va vite grimper et il ne faut pas risquer la surchauffe.
Tout le monde est assez fébrile sur la ligne de départ, car chacun sait que le parcours qui nous attend est impitoyable, surtout pour ceux qui pensent encore faire la montée du Granon. Nous retrouverons meme sur la ligne de départ le jeune Saint Aubinois Yoann Maillard venus avec des copains passionnés courir l’épreuve. Il fera d’ailleurs une superbe course car il terminera 38ème en 4h54 sur le grand parcours.
A 7h30 précise le départ est donné. Seul Alain Leroy partira plus tard car il a choisi le parcours de 92 kms dont une bonne partie en Italie. La meute est lancée en plusieurs vagues suivant les numéros de dossards. Cyril ayant hérité d’un numéro prioritaire sans trop savoir pourquoi, part dans les premiers. La plupart de nos coureurs ayant des numéros favorables partent ensuite. La première partie du parcours entre Le Monétier et Briançon est très rapide sur une route large en faux plat descendant. Chacun part à son rythme. Richard fait un début de course ultra rapide. Mais attention de ne pas faire l’erreur de Lulu dans une édition précédente. Il faut conserver des forces pour les difficultés de la journée. Nous passons ensuite tout prêt de la maison de Cyril, mais aucun n’aura la tentation de retourner se coucher. Nous arrivons à Champcella ou un public nombreux est venu voir souffrir les coureurs. Les choses sérieuses commencent. Cyril et Dominique Monnier auront leur moment de gloire car ils feront la montée au coté de Luc Alphand. Malheureusement nous n’avons aucune photo de cet événement. En haut les épouses de Michel et Richard encouragent nos représentants. La montée se passera bien pour tout le monde. Par contre nos deux Saintes Bernardes auront à secourir quelques cyclistes mal préparés pour ce genre d’effort. Elles sont toujours là pour remonter le moral des plus fatigués. C’est aussi ça le vélo. Une fois passée la première difficulté c’est une succession de petites bosses et nous entamons bientôt le chemin qui nous mènera au pied de l’Izoard. De Guillestre à Brunissard, le vrai pied du col, la route est interminable. La pente est facile mais on ne sait jamais, sauf quand on y arrive, à quel moment commence l’ascension. Mais à Brunissard, pas de doute, nous sommes au pied de l’Izoard et nous avons déjà fait plus de 90 kms. La pente devient subitement beaucoup plus raide et on voit au loin les lacets se dessiner. Certains s’arrêtent au ravitaillement histoire de ne pas partir les bidons vides, sage précaution. La chaleur ayant fait son apparition il faudra beaucoup s’hydrater. Chacun va alors faire la montée comme il peut. Il y en a qui passeront la montée assez facilement d’autres beaucoup moins bien. De toute façon même si l’effort est parfois douloureux le paysage est magnifique. Nous sommes aussi venus pour cela. Nous n’avons pas eu la chance d’entrevoir les animaux locaux tels les marmottes, mais au hasard d’un virage Patrick Colin aura une rencontre inattendue avec un joli postérieur féminin. Demandez lui, il vous racontera, il en rêve encore ! C’est durant la montée que la décision de faire ou pas la montée du Granon se fera pour beaucoup en fonction des ressources restantes et du moral. La Casse déserte, et l’on croit en avoir fini. Une courte descente et ça remonte. Enfin le sommet. La haut un ravitaillement bien venu permet de reprendre des forces pour la fin du parcours. Ensuite la descente est rapide et sans danger. C’est un vrai plaisir même pour ceux qui ne sont pas spécialistes (et j’en sais quelque chose).
Puis c’est le chemin du retour. Le reste du parcours (pour ceux qui ne feront pas le Granon) est sans grande difficulté, même si les derniers faux plats paraissent interminables. Au carrefour du Granon il faut un grand courage pour bifurquer à droite car on sait alors qu ‘on en prend encore pour au moins une heure de dure ascension alors que la ligne d’arrivee n’est qu’à quelques centaines de mètres. Seuls quatre courageux tentent l’aventure, Jean Claude Coufourier, Giovanni, Michel, et Alain Lepeck qui peut remercier Nadine Vatinel, car ses encouragements le dissuaderont de faire demi tour. Nadine aura d’ailleurs accompli son exploit sportif en faisant la moitie de la montée du Garnon à pied pour rejoindre son Mimi. C’est pas beau l’amour ! Elle échappera de justesse à un grave accident puisqu’elle sera victime dans la descente d’une rupture de sandalette !! Nos quatre héros termineront l’ascension et profiteront au sommet d’un massage bien mérité. De son propre aveu Jean Claude aura connu dans cette montée ses plus grandes souffrances sur un vélo, et quand on connaît sa facilité dans les bosses ça donne une idée de la difficulté.
Ensuite ce sera le réconfort et les retrouvailles de toute l’équipe, un repas bien apprécié arrosé d’une bière Luc Alphand. Quand on se demande pourquoi on aime souffrir comme ça, c’est peut être parce que c’est tellement bon quand ça s’arrête.
La soirée chez Cyril se passe à merveille avec le barbecue traditionnel. Notre president se montrera à cette occasion d’un sérieux presque décevant, car il terminera la soirée de « façon totalement autonome », sans avoir recours à l aide extérieure pour ses déplacements, chose à laquelle il ne nous avait pas habitues dans les dernières éditions. L’absence du vice président y était peut être pour quelque chose !
Pour égayer la soirée Alain Moreau nous parlera de sa jeunesse et de ses premiers émois amoureux avec une belle rouquine qui lui coûtera un mois de salaire. Ses talents de conteur, surtout dans le domaine de la pensée populaire, nous font espérer la publication prochaine des « Brèves de comptoir d’Alain ».

Lundi 5 Juillet : Pas de grasse matinée. Nous avons rendez vous à 9h00 près de chez Alain Leroy pour une descente en rafting sur la Guisane de Chantemerle à Briançon. Nous sommes équipés pour l’occasion de combinaisons car l’eau est glaciale, et de casques car les rochers sont plutôt durs. A cette occasion Alain Moreau, toujours à la pointe de la mode, arbore des sandalettes de plage du plus bel effet. Nous sommes répartis dans trois bateaux. Le jeu consiste à essayer d’effectuer la descente « dans le bateau », mais ceci dépend de la volonté du moniteur qui vous dirige. Vous n’avez qu’à demander à Jacky, Alain Moreau et Alain Leroy. Ce dernier tombera d’ailleurs à l’eau sous les « joyeux anniversaire, Alain » de leur animateur quelque peu allumé.
Après deux heures de descente nous arrivons à Briançon, fourbus mais contents d’avoir passé un super moment de détente.
Nous repassons ensuite à la location de Richard qui nous invite à un petit apéro sympa et nous rentrons chez Cyril pour le repas du midi.
Dans l’après midi, pour ceux qui ne sont pas encore assez fatigués, il est proposé un parcours d’escalade tout proche de chez Cyril dans les gorges de la Durance, dans une via ferrata. C’est un parcours sécurisé avec baudrier. Michel et Cyril, qui possède un peu d’expérience dans ce domaine, seront nos guides. Les volontaires sont Dominique Monnié et Rola, Patrick et Jacky Colin, Richard et Alain Leroy et Lepeck. Pour ceux là l’expérience sera fabuleuse car le parcours est loin d’être facile et il faudra vaincre ses appréhensions. D’en haut Jean Claude et Hugo seront spectateurs et encouragerons les téméraires.
Pendant ce temps Jean François et Fabien tentent une montée du Granon. Mais ils rebrousserons chemin à mi parcours à cause de l’orage.
Le soir, après une journée très remplie, le repas sera animé par notre duo comique qui compte faire concurrence à Palmade et Laroque dans « ils s’aiment » : Alain Lepeck et Jacky. Le zénith de Rouen est déjà retenu pour la saison prochaine ! A l’autre extrémité de la table nos anciens combattants du dérailleur se referont Cléon Camembert.

Mardi 6 Juillet : C’est l’heure du retour. Après le grand ménage cap sur la Normandie. C’est dur de quitter de si beaux paysages. Passé Grenoble le relief nous paraît bien terne. Après un pique nique sympa avec les carpes et les canards nous serons de retour à 20h30 à Cléon, un peu fatigués, mais heureux d’avoir passé un super week end. Et comme on se dit à chaque fois, ça va etre dur de faire mieux la prochaine fois.

Voilà donc notre nouveau triathlon Cléonnais, le VRV : vélo.rafting.varape. Nous comptons bien le faire breveter sous peu.

Merci à tous et spécialement aux organisateurs du bureau pour cette sortie et à ceux qui nous ont hébergés.

Il ne reste plus qu’à penser à la prochaine.